Réunion de proximité de Mériel, mardi 16 mai
Mériel : non au tracé "violet" et dénonce les nuisances actuelles
C'est à Mériel que s'est achevée avec la dix-neuvième et dernière
réunion de proximité, la première phase du débat public sur le projet
de prolongement de la Francilienne.. Devant quelque 250 personnes
réunies à l'espace Rive-Gauche, Michel Rigollet, maire de la commune
a exprimé son hostilité au tracé nord-ouest (tracé « violet ») qui
détruirait des sites classés exceptionnels, sans toutefois répondre aux
objectifs assignés au prolongement de la Francilienne. Cette opposition
déterminée a été unanimement soutenue tant par les divers intervenants
à la tribune que par les nombreuses prises de parole parfois véhémentes
en provenance de la salle. L'opportunité du prolongement a, quant à
elle, fait l'objet d'un débat nourri. En tout état de cause, les élus
et les habitants de Mériel et des communes voisines, s'accordent sur le
besoin de trouver une solution pour le tronçon Villiers-Adam /
Méry-sur-Oise d'autant que le prolongement de la Francilienne
risquerait d'accroître encore les nuisances déjà très fortement
ressenties aujourd'hui, du fait de la N184. Le maître d'ouvrage, après
avoir été conforté dans son opinion, à travers les diverses expressions
qui ont rejeté le « violet », s'est déclaré favorable à considérer la
N184 entre Villiers-Adam et Méry-sur-Oise comme le premier tronçon d'un
projet, si une décision était prise de prolonger la Francilienne par un
tracé situé dans le fuseau sud-est. Dans cette hypothèse, ce tronçon
serait réalisé, au regard de la protection contre les nuisances, de
manière cohérente avec le reste du tracé. En introduction à cette ultime réunion de proximité, Jean Bergougnoux
a confirmé le succès de la participation citoyenne au débat public en
indiquant le nombre record de visites du site Internet et le chiffre de
9000 personnes comptabilisées en réunions publiques. La séance s'est
achevée à 23h30.
Michel Rigollet : hostile au tracé "violet"
« En matière de circulation routière et de ses conséquences, la
commune de Mériel a une longue expérience ». Pour cadrer la
problématique propre à Mériel, Le maire de la commune a choisi
d'évoquer l'historique de la liaison entre l'Isle-Adam et Méry-sur-Oise
qui s'effectuait par le village jusqu'en 1983, date de l'ouverture de
la RN184. Cette structure composée de deux fois deux voies répondait au
trafic de l'époque. Aujourd'hui, le trafic est multiplié par trois et «
les nuisances sonores subies par les Mériellois sont de plus en plus
importantes de jour comme de nuit ». S'interrogeant sur les solutions possibles, il rejette tout
d'abord catégoriquement le tracé « violet » : alors même qu'il ne
répond nullement aux objectifs annoncés par le maître d'ouvrage, ce
tracé détruirait, des sites classés exceptionnels comme l'abbaye du Val
et le marais de Stors, sans compter qu'un tunnel de trois kilomètres
pourrait traverser le centre-ville. Michel Rigollet est donc « totalement hostile » à ce « tracé exutoire » qu'il souhaite voir « définitivement abandonné ».
Mais il souligne, d'autre part, tout aussi fortement que si un
tracé du faisceau sud-est devait être retenu, force serait de
reconnaître que l'origine de la Francilienne ne devrait pas être Méry
mais bien le point où se rejoignent la RN184 et l'A104, au nord de la
ville de Mériel sur le territoire de Villiers-Adam et que des
dispositions efficaces de protection contre les nuisances devraient
être mises en place.
Didier Akoun, président de l'association « Andrésy : qualité
pour tous », s'est opposé à l'opportunité même du projet de
prolongement et a annoncé les résultats d'une consultation des
Andrésiens, piloté par l'association, et rendus public le 20 mai
prochain. Il a demandé au président de s'expliquer sur les propos
rapportés dans la gazette du Val d'Oise (10/05) : « Tous les Élus
concernés, sans exception, sont favorables à un bouclage ». Il rappelle
que nombreux sont les citoyens à ne pas adhérer à ce projet
d'autoroute.
Jean Bergougnoux rectifie: « Il me semble avoir dit tous les
maires » car «par exemple, je ne mésestime pas les élus Verts qui ne
sont pas favorables au prolongement ». Avant de redonner la parole à la
salle, le président précise que les doutes émis par les citoyens sur
l'opportunité même du projet, étaient bien notés « et tout cela sera
retracé, n'ayez pas d'inquiétude là-dessus ».
« J'aimerais savoir si le Ministre n'a pas déjà pris sa
décision », questionne Jean-Pierre Michel depuis la salle, faisant
référence à un précédent débat auquel il a assisté. « Tout reste ouvert
» a argumenté, une fois de plus, Jean Bergougnoux. Stéphane Pariski, habitant de Mériel, se prononce « contre
l'autoroute » essentiellement pour des raisons environnementales. Il
évoque le problème du réchauffement climatique comme l'un des défis
majeurs du siècle et défend que c'est à partir de cette constatation
que l'on doit s'interroger sur « l'opportunité de continuer à
développer une politique de déplacement « tout routier ». En dix ans,
Méry a vu arriver l'A115 et Mériel la Francilienne : « Depuis combien
de décennies, n'y a-t-il pas eu de lignes de train dans le Val d'Oise ?
» a-t'il interrogé, largement approuvé par la salle. Usager des
transports en commun, il dit préférer que le budget alloué soit affecté
au développement de modes de transports alternatifs. Le recours au ferroutage, au transport fluvial, l'achèvement des
Tangentielles ouest et nord apparaissent également comme une priorité à
Sylvain de Smet, secrétaire départemental des Verts Val d'Oise.
Il souligne que « budgétaire ment, on ne pourra pas tout faire » et
qu'il faut donc s'engager dans une politique de grands travaux
permettant « du ferroutage, la revalorisation de la voie d'eau et
l'indispensable développement de nouveaux transports en commun plus
transversaux ». Le vrai débat, selon lui, étant de répondre aux
exigences de la vie comme par exemple développer les projets de
transports collectifs locaux (vélo, taxis collectifs). Il insiste sur
la « capacité de la population à changer ses habitudes et donc à
emprunter les transports en commun » si ils sont « plus sûrs, plus
fréquents, plus confortables et bon marché ».
Pour Bernard Tailly, maire de Frépillon, le prolongement de
la Francilienne est, au contraire, une nécessité. Elle permettrait de
délester les voiries environnantes notamment la RN184 et il cite
l'exemple de l'A115 qui a soulagé de deux tiers la RD928, « aujourd'hui
les Frépillonais apprécient » ajoute-t'il. C'est aussi un impératif
économique selon lui car « Le Val d'Oise a besoin d'infrastructures,
faute de quoi on condamne ses habitants dans l'avenir à un taux de
chômage plus élevé que dans les autres départements de la région »
c'est mécanique explique t'il. Pour lui, l'argument souvent avancé en
réunion « plus de routes, plus de circulation » n'est pas valable :
c'est notre mode de vie qui est à mettre en cause et non les routes. A
l'écologie, qu'il surnomme, « de contrainte » proposée par les Verts,
il oppose l'écologie dite « de liberté ». Puisque les déplacements
individuels sont inévitables : « il faut développer le moteur propre »
explique t'il. Il ne prétend pas enterrer pour autant le transport en
commun car il défend la complémentarité entre l'individuel et le
collectif. Pour lui non plus, le tracé nord-ouest n'est pas le bon
tracé et « la porte est ouverte entre les tracés «rouge » « vert » et «
noir » ou à une synthèse des trois ». Il conclut en demandant à la
Commission de noter que le tronçon Villiers-Adam / Méru-sur-Oise
devrait être considéré comme faisant partie intégrante de tous ces
tracés et traité comme tel.
Eric Debarle, chef de la mission A104 à la DREIF, est
revenu sur l'historique du projet pour en expliquer l'opportunité et
considère que ce prolongement n'est qu'un rattrapage d'un chaînon
manquant. Cette infrastructure devrait être, en tout état de cause,
accompagnée par le développement de modes de transports complémentaires
« là où ils seraient compétitifs ». Il évoque notamment les différents
projets concernant le transport fluvial (Canal Seine Nord, plateforme
multimodale d'Achères) et les projets de transports collectifs. Gérard Thonot, représentant des communistes de Mériel, dénonce la
logique économique qui préside à ce projet. Il met en cause « les
intérêts libéraux : le tout poids lourds » les trafics dont la seule
justification est de permettre « d'aller plus vite sur la rotation des
marchandises ». Il pointe également le manque de projets concrets
intéressant Mériel, en matière de transports collectifs.
Jean-Louis Delannoy, adjoint au maire de Mériel, a souhaité
évoquer, grâce à la projection d'un photo-montage, les difficultés
dirimantes à ses yeux que présenterait l'insertion du tracé « violet »
dans son environnement. « Loin des champs de patates », sur Mériel
l'entrée du tunnel se ferait au niveau des Hauts de Mériel qui comporte
600 logements et toucherait le site de l'abbaye du Val et le marais de
Stors. Autant de points sensibles qu'il conviendrait de protéger.
Démonstration appuyée par un habitant Mériellois qui rappelle en outre
les nuisances sonores liées à Roissy que subit la population. Le maître d'ouvrage indique que la construction sur les
carrières est maîtrisée et que le marais de Stors est relativement
éloigné de l'entrée du tunnel. Après avoir décrit les tracés en détail,
il reconnaît que l'investissement financier élevé que représente le
tracé violet « le situe en fin de classement » et qu'il ne contribue
que très modestement à l'amélioration de la circulation sur le réseau
local. Il conclut que « le maître d'ouvrage, c'est à dire l'Etat,
n'envisage pas de prendre l'initiative de sa réalisation ». Il accède à
la demande de Michel Rigollet, maire de la commune qui serait,
si le projet est acté, de faire démarrer l'étude du tracé à
l'intersection RN184-Francilienne. Questionné sur les éventuels
dépassements de coûts, Eric Debarle affirme que la concertation
minimise les dérives dans la mesure où les améliorations notées sont
chiffrées dès que preuve est faite de leur faisabilité technique.
Chaque étape de la réalisation de la Francilienne serait, elle aussi,
soumise à concertation.
Aux interrogations suscitées par l'intérêt même de soumettre le
tracé « violet » au débat, Jean Bergougnoux a expliqué le sens de la
démarche de la Commission nationale qui a « considéré que le dossier ne
serait pas complet si on ne tirait pas au clair, une bonne fois pour
toutes, cette hypothèse qui apparaissait à certains comme une hypothèse
miracle évitant de passer en zone très urbanisée ». C'est pour cette
raison que ce tracé « violet » est dans le dossier. Michel Rigollet, maire de Mériel, a salué dans sa
conclusion le respect, l'écoute et la sérénité qui ont prévalu dans le
cadre de cette réunion de proximité, utile aux Mériellois comme à ses
voisins. Le prolongement de la Francilienne est une nécessité pour
Michel Rigollet qui l'espère dans les meilleurs délais, accompagné
d'une protection maximale des riverains commençant dès l'endroit où la
N184 rejoint aujourd'hui la Francilienne.
Réunion de proximité de Neuville, le 4 mai
Neuville-sur-Oise : un non unanime au tronçon central du tracé rouge
Salle comble à Neuville-sur-Oise. Cette commune de 1400 habitants avait
réussi à mobiliser une assistance de plus de 300 personnes pour la
dix-huitième réunion de proximité du débat public. Il est vrai que des
habitants et des élus des villes voisines comme Jouy-le-Moutier et
Maurecourt, s'étaient joints à cette rencontre au cours de laquelle ils
ont pu également s'exprimer. Les préoccupations liées aux nuisances qui
résulteraient de l'adoption de la partie centrale du tracé rouge (« C1
») ont été au centre des exposés et des débats. Une « Commission A104 »,
constituée pour la cause, avait fait procéder à une « Etude d'impact »
qui fut présentée lors de la soirée. C'est donc un public très impliqué
qui a refusé, unanimement l'hypothèse d'un passage de la Francilienne
sur le territoire de la commune. Fabrice Demarigny, membre de
cette Commission, a fortement argumenté contre le tronçon C1 qui «
appartient à l'histoire », tout en appelant de ses vœux une solution
qui concilierait l'humain et le développement économique et qui
pourrait être trouvée dans un tracé combinant différents tronçons des
tracés proposés. Eléments repris par Jacques Feyte, maire de Neuville-sur-Oise, dans sa conclusion, un peu avant une heure du matin.
Evolution du débat
« Le moment est venu où l'imagination doit prendre le pouvoir », si
l'on veut apporter une réponse aux problématiques d'aujourd'hui, a
indiqué Jean Bergougnoux, ce jeudi 04 mai, au terme de 17
réunions de proximité enchaînées au rythme d'un marathon. Citant
l'arrivée d'un nouveau cahier d'acteur, signé de Christian Gerondeau, président des Automobile-Clubs de France où une « sixième solution » est évoquée, le président de la commission particulière précise qu'il est non seulement possible mais souhaitable de sortir des sentiers battus. Jean Bergougnoux,
en introduisant la séance, se félicite du climat de confiance qui
semble s'établir progressivement dans ce débat. Depuis Pontoise
ajoute-t'il, « l'écoute a progressée ». Il évoque la main tendue, à
Saint-Ouen-l'Aumône, par Alain Richard qui s'était prononcé pour le N1
dans le Val d'Oise, tout en invitant les Yvelinois au dialogue pour
rechercher la solution la mieux adaptée à leurs problématiques. Le
président de la CPDP considère donc que la logique des tracés « tout «
rouge » ou tout « bleu » » n'est plus vraiment d'actualité.
Position municipale
Jacques Feyte, maire de Neuville-sur-Oise, remercie le public
d'une telle affluence pour une si petite commune. Il annonce que le
Conseil municipal s'exprimera sur le prolongement de la Francilienne
après cette réunion de proximité et un dernier avis de la « Commission
A104 ». C'est pour être au cœur du débat, a expliqué le maire que « le
Conseil Municipal, deux associations et des Neuvillois ont constitués
une Commission baptisée « A104 » qui a fait procéder à une « Etude
d'impact ». Le but étant d'envisager les impacts du tracé rive-droite
(ou « tracé rouge ») sur la vie des habitants et leur environnement.
(Bruit, milieux paysager et naturel, pollution de l'air, qualité de la
vie, risques sanitaires, dévaluation immobilière ). [On trouvera cette
étude sur le site Internet de la CPDP dans les contributions au débat].
Il rappelle la position du Conseil général du Val d'Oise et de la
Communauté d'agglomération de Cergy, en faveur du N1 qui permettrait de
requalifier la N184 en boulevard urbain, en créant un échangeur
sécuritaire avec l'A15 au carrefour dit de « la Norton ». Il précise
que le besoin « de desserte des zones économiques est bien en
rive-gauche » pour les Yvelines et donc que « le tronçon C1 par
Neuville-sur-Oise n'est pas pertinent ».
Victor Blot, fondateur du COPRA, constate que « personne ne veut
d'une autoroute près de chez lui » pourtant il incite « à profiter du
débat public pour trouver une solution » et réduire l'asphyxie de la
N184, à condition que l'autoroute soit « inaudible, invisible et
inodore » et évite les zones les plus urbanisées.
Jean-Pierre Dacheux au nom des Verts et écologistes d'Ile de France,
dit comprendre la volonté de soulager la N184 mais interroge sur sa
contrepartie en termes de nuisances supplémentaires dues à « l'addition
des circulations sur l'A104 et la N184 », » n'est-ce pas un choix
irrationnel ? ». Il redemande donc de ne pas focaliser le débat sur le
choix d'un tracé pour ce prolongement car « c'est de son opportunité
même dont il faut débattre » et plus encore, selon lui, « de solutions
non routières ».
Eric Debarle, chef de mission A104, rappelle où en sont les
différents projets de transports alternatifs (fret ferroviaire, fluvial
et transports collectifs) dans cette partie de l'Ile de France. Il
souligne que 80% du trafic poids lourd a un trajet inférieur à 150 km
et ne relève donc pas du domaine de pertinence du fret ferroviaire. Il
en est de même du transport fluvial qui malgré les deux grands projets
en cours dans la région ne pourra répondre que très partiellement à la
satisfaction des besoins à moyen terme. S'agissant de la la
Tangentielle Ouest, si souvent évoquée dans ce débat, il « avoue être
un peu plus pessimiste sur sa date de réalisation » que à ce qui a été
écrit dans le dossier.
Claude d'Ornano, président de l'Ardies Val d'Oise, a souligné «
le message intéressant du président fondateur du COPRA » après avoir
réaffirmé que pour l'instant, l'Ardies est pour « le rouge » car «
c'est une position de précaution ». Au nom de son association régionale
qui représente les chefs d'entreprises il s'est dit « ouvert à un
compromis possible, si toutefois il y en a un ».
Wilfrid Deleplace, au nom du Comité de riverains Comitix, a
exprimé le droit des Neuvillois à « un environnement préservé » en
rappelant les engagements politiques des Collectivités. Le Conseil
général a fait de la lutte contre le bruit sa priorité et la région
élabore un plan de protection pour l'atmosphère qui promet
l'amélioration de la qualité de l'air a-t'il rappelé.
Fabrice Demarigny, Commission A104 Neuville, commence par
rappeler l'inquiétude des Neuvillois sur la menace que ferait peser la
traversée d'une autoroute (tronçon C1) sur l'avenir de leur commune. Il
constate ensuite qu'une solution raisonnable ne pourrait être qu'une
combinaison de tracés et d'axes existants, ne serait-ce que « d'un
point de vue strictement financier » pour le contribuable. Il montre
ensuite que le tronçon C1 du tracé rouge, passant par
Neuville-sur-Oise, « est le seul qui ne répond à aucun des besoins
économiques exprimés et qui esquive admirablement les zones d'activités
». En conclusion, il affirme que le tronçon C1 du tracé rouge, dit «
historique » : « appartient à l'histoire et ne correspond plus aux
exigences de l'avenir ».
Pascal Chivé, président du COPRA neuvillois, a réaffirmé son
opposition au tracé « rouge » dans son ensemble et plus précisément, au
tronçon C1 qui traverse la commune. Rappelant « la dangerosité maximale
pour la santé humaine » du dit tracé et son manque de pertinence au
regard de la politique globale d'aménagement, il qualifie ce tracé de «
has been » que le sort a bien fait de « marquer du sceau rouge ».
Joël Tissier, maire adjoint à Maurecourt, est revenu sur les
conséquences du trafic automobile en termes de pollutions locales. Il a
insisté en particulier sur les problèmes de dispersion des polluants et
notamment des particules fines, ces dernières n'étant pas, dit-il,
correctement prises en compte dans les relevés .
En réponse à un Neuvillois qui estime que le critère « cadre de
vie et protection des riverains » n'a pas assez été pris en compte pour
ce tracé rive-droite, Eric Debarle répond que « toute la
différence par rapport au projet Villexpress, ce sont justement toutes
les améliorations pour la protection des riverains et des milieux
naturels ». Il ajoute que les propositions d'améliorations, notées au
cours des réunions de proximité, seront tout d'abord étudiées du point
de vue de leur faisabilité technique puis chiffrées. Il précise qu'à
l'issue du débat il dira : « voilà ce que j'ai entendu, voilà quelles
sont les améliorations et, Monsieur le Ministre, voilà également ce que
cela coûte ».
Gabriel Lainé, maire de Jouy-le-Moutier, dont une délibération
municipale avait positionné sa ville en faveur du « rouge » au début du
débat, est intervenu pour défendre l'agglomération attaquée par des
interventions de la salle. La CACP « apporte des avantages nombreux »
et il est donc juste de « participer à son développement ». C'est le
cas en construisant des logements. C'est aussi le cas en acceptant des
infrastructures routières a t'il affirmé. Il a par ailleurs souligné la
nécessité du V88, relayée par Jacques Feyte qui voit en cette route un
« périphérique de l'agglomération » dont l'absence nuit au
développement de Jouy le Moutier comme de Neuville. Les élus ont
précisé que ce projet ne doit pas être confondu avec l'A104 car comme
l'a expliqué Gérald Rutault, maire de Maurecourt, le choix de
certaines communes de conserver leur ruralité ne doit pas être
sanctionné par une absence d'infrastructures à vocation locale.
Jacques Feyte, maire de la commune, relaya dans sa conclusion le
message transmis par la Commission A104 : « non au tronçon C1 ». Il
invite l'Etat à trouver une solution de compromis alliant l'«
économique et l'humain ». La réunion qui s'est achevé un peu avant une
heure du matin, n'a pas permis d'entrer plus avant dans l'étude
d'impact de « la Commission A104 », ce qu'a regratté Eric Debarle qui
s'est dit a priori d'accord à 80% avec les conclusions de cette étude.
Réunion de proximité de Saint-Germain du 3 mai
Emmanuel Lamy, soutenu par les siens, dans son plaidoyer pour le "rouge"
Emmanuel Lamy, maire de Saint-Germain-en-Laye
et fervent défenseur du tracé « rouge » au fil des précédentes réunions
de proximité, accueillait dans sa commune la dix-septième étape du
débat public, mercredi 03 mai dernier. Une majorité de Saint-Germanois
mais aussi des députés et sénateur voisins étaient venus soutenir la
position du maire de la ville qui s'est exprimé contre les tracés «
bleu » et « noir » « qui massacreraient la forêt ». Tandis que le «
rouge » « malgré ses inconvénients, répondrait aux besoins de
notre développement ».
Cinq cent cinquante personnes, majoritairement favorables au « rouge »
mais pas seulement, s'étaient réunies dans le théâtre Alexandre Dumas
pour une réunion qui se voulait d'importance, aux yeux des défenseurs
de la forêt. Les soutiens attendus par la majorité municipale, à la
fois des représentants du monde économique et des amis de la Forêt
étaient au rendez-vous, ils se sont prononcés, chacun à leur tour, pour
le tracé « rouge ». Toutefois, l'ambiance n'était pas au plébiscite car
les tenants d'un tracé inspiré du « bleu » ont su retenir
l'attention de l'assistance malgré l'heure tardive de leurs
interventions. Pour la première fois, Yannick Tasset, maire d'Orgeval,
s'est prononcé en faveur d'un tracé, se disant : « tenté d'apprécier le
bleu dont le souterrain pourrait aboutir au-delà d'Orgeval ». Denis Faist, premier adjoint à Andrésy
a enchaîné avec un comparatif précis et argumenté, sur la base du
dossier du maître d'ouvrage, des impacts des tracés « rouge » et « bleu
» sur les riverains en terme de pollution, de délestage du trafic
local, de desserte des zones d'activités tout en apportant des
arguments sur les coûts et délais de réalisation. Avant d'inviter dans
sa conclusion, l'ensemble des acteurs à « rechercher un consensus
ensemble », « sans vouloir imposer le rouge ou le bleu ». Appel à une
recherche de consensus, avancée plus tôt dans la soirée par Victor
Blot, fondateur du COPRA qui, devant une assistance moins disciplinée,
avait rappelé la volonté affichée de l'association de : « sortir de cet
imbroglio par le haut ».
Jean Bergougnoux, président de la Commission a souligné, au
cours de la soirée, qu'une unanimité « à faire quelque chose » se
dégageait des réunions de proximité au même titre qu'un refus unanime
concernant la mise en service d'un péage. Il indiqua aussi dans une
transition « qu'on a de moins en moins envie de raisonner en tracés
entiers », tout en proposant prudemment, de garder ces réflexions
pour la suite. Vers une heure du matin, après avoir salué une « réunion
nourrie » de nombreuses interventions, c'est à Emmanuel Lamy qu'il
confia le soin de conclure sa réunion de proximité.
Jean Bergougnoux rappelle en introduction que c'est «
l'opportunité de faire quelque chose et ensuite, des options retenues
pour la Francilienne » qui est l'objet des discussions. Il évoque la
participation record des habitants à ce débat, tant en réunion publique
que sur le site Internet, avant de développer les missions de la
Commission qu'il préside : « informer, écouter, rendre compte ». Il
souligne toute l'importance de ces réunions de proximité qui permettent
de discuter avec la population des problèmes à résoudre, tout autant
que « des contraintes rencontrées dans la résolution de ces problèmes
». Avant d'indiquer que « Quarante ans, ça suffit » et que ce sera le
premier point de consensus unanime inscrit dans son rapport. Il affirme
sa conviction qu'une décision sera prise, au terme des trois mois après
la remise de son rapport, avant d'inviter Emmanuel Lamy à s'exprimer
sur le ressenti des Saint-Germanois.
Emmanuel Lamy plaide pour le tracé "rouge"
Après avoir constaté l'intérêt que suscite le débat public et regretté
le retard accusé par ce prolongement devenu « indispensable », entre
Méry-sur-Oise et Orgeval, le maire de Saint-Germain-en-Laye avoue «
rester sur sa faim » puisqu'il faudrait aller jusqu'à
Saint-Quentin-en-Yvelines pour opérer un véritable bouclage de la
Francilienne. Il se dit favorable aux modes de transports alternatifs,
promus par ailleurs dans sa commune, tout en constatant que
l'automobile est souvent la réponse viable pour répondre au besoin
croissant des déplacements individuels dans cette partie de l'Ile de
France. Après avoir rappelé les objectifs assignés à la Francilienne,
il constate que « ce dossier oppose l'intérêt général aux intérêts
particuliers ». Force est donc de faire des choix entre divers
inconvénients pour amener à un progrès collectif en matière de
circulation. Partisan du tracé « rouge » en rive-droite, il balaie les
tracés rive-gauche du fuseau sud-est « qui ont été sortis des tiroirs
pour la circonstance ». Le tracé « noir » « tronçonnerait
irrémédiablement la forêt » quant au « bleu » : « un leurre » explique
t'il mettant en doute la capacité de l'Etat à réaliser un tunnel sur 6
kilomètres de long. Il refuse de prendre le risque de se voir imposer
des tranchées couvertes en forêt de Saint-Germain par un Etat
impécunieux qui aurait opté pour le tracé « bleu ».
A ce propos, Eric Debarle, au nom du maître d'ouvrage confirme
qu'un accord interministériel, entre le Ministère de l'Equipement et
des Transports et le ministère de l'Ecologie et de l'Agriculture, pose
comme une certitude la réalisation d'un tunnel sur ce tronçon si ce
tracé devait être retenu. Emmanuel Lamy constate que même si le tracé «
rouge » mérite d'être amélioré, notamment dans sa partie centrale, en
recherchant un enfouissement maximal, il est le plus adapté aux besoins
« de notre développement » car il permet aussi de protéger « le bien
commun de tous » (ndlr la forêt). Une pétition qui s'oppose à la
construction d'une autoroute dans cette forêt a déjà recueilli 3500
signatures, en trois semaines, a t'il précisé.
Favorables au "rouge" avec des améliorations
La ville de Saint-Germain est aujourd'hui victime de la saturation de
la N184 qui effectue un « bouclage sauvage » au quartier Bel-Air, selon
l'expression du maire de la commune. La nationale joue le rôle de
liaison nord-sud et ce, sans une voirie adaptée. Le tracé « rouge »
constituerait donc un contournement de Saint-Germain qui épargnerait la
forêt.
Pierre Morange, député-maire de Chambourcy, annonce que la
prochaine séance du Conseil municipal prendra une délibération en
faveur du tracé « rouge » qui « sera votée à l'unanimité ». Cette
démarche sera immédiatement appuyée par une pétition lancée aux
Camboriciens. Toutefois, il avoue que le tracé « rouge » n'est pas
exempt de critiques et appelle la mise en œuvre de « toute une série de
mesures techniques d'enfouissement et de merlonage » qui ont démontré
leur efficacité dans la protection efficace des riverains.
Jacques Myard, député-maire de Maisons-Laffitte, intervient ce
soir en tant que président du SIEP Seine et Forêts pour communiquer la
position officielle du syndicat qui se prononce sur un tracé. Il
précise que ce syndicat regroupe les villes de : Conflans, Achères,
Saint-Germain, Maisons-Laffitte, Mesnil-le-Roi, Fourqueux, Marly et Le
Pecq pour réfléchir sur des études d'aménagement. « Sur huit villes,
six se sont prononcées. Conflans a voté contre et Achères s'est
abstenue ». Conscients du problème que pose ce tracé en terme
d'environnement, ils se disent « convaincus que ce tracé peut encore
s'améliorer » et qu'ils doivent le faire ensemble.
« Après ce tir groupé qui s'est prononcé très clairement en
faveur du prolongement de la Francilienne » constate Jean Bergougnoux,
la parole est donnée au représentant des Verts Ile-de-France. Jean-Pierre Girault,
s'est inquiété de la raréfaction du pétrole dans les années à venir et
de la flambée des prix à la pompe des carburants beaucoup plus propres.
Ces nouveaux types de carburant grandes marques « Optimum », « Premium
» etc. qui fleurissent aujourd'hui, au prix de 1,50€ le litre,
explique-t-il, deviendront obligatoires d'ici 3 ans. Cette augmentation
budgétaire impliquera la réduction du nombre de véhicules. Face à ce
phénomène, il préconise d'utiliser les 1,5 milliards d'euros du budget
Francilienne pour améliorer les transports en commun.
Le maître d'ouvrage, par la voix d'Eric Debarle précise à ce
propos que si des alternatives à la route sont à l'étude dans la zone,
elles ne permettront pas de faire face à l'accroissement des besoins de
transport prévus à l'horizon 2020. Par ailleurs, il précise qu'en
France, lorsque 3€ sont dépensés pour les transports, « 2€ sont
consacrés aux transports collectifs et 1€ pour la route » et que sur
cet euro, 50 cents vont à de nouvelles infrastructures et 50 cents vont
à la mise en place de protections pour les riverains.
Eric Debarle rappelle ensuite les données chiffrées des
perspectives de trafic retenues d'ici 2020, sous-jacentes aux
hypothèses de tracés présentées dans le dossier soumis au débat.
Jean Villemagne, président du comité PROFILE a souhaité
dénoncer les mensonges colportés selon lui par les opposants à
l'autoroute et la désinformation pratiquée par le COPRA au rythme
soutenu d'une expression publique à chaque réunion. Il a repris point
par point les arguments récurrents du Copra dont l'accusation : « d'une
décision annulée par trois premiers ministres » pour ne citer qu'elle,
en apportant des contradictions argumentées à chacun d'entre eux. Au
fur et à mesure de la démonstration, un mélange d'applaudissements
nourris des Saint-Germanois présents dans la salle et des remous
provoqués par les Coprasiens venus défendre leurs intérêts, se
faisaient entendre. Une ovation des partisans du tracé « rouge », mit
fin à cette animation.
Nicolas Didon, représentant le PS de Saint-Germain-en-Laye a
d'abord rectifié auprès de Monsieur le Maire l'unanimité de sa
délibération en faveur du « rouge » qui doit se compter sans les quatre
abstentions de l'opposition. Il s'est prononcé en faveur de la
Tangentielle ouest « ici et très rapidement » en précisant que cela
coûterait 10 à 15 fois moins cher que les tracés proposés, « sans
pollution, sans expropriation, sans travaux compliqués et sans gêner la
circulation ».
A la demande d'une dame dans la salle, Eric Debarle, précise les
modalités des tracés. Il confirme « le faible impact du tracé bleu »
sur la forêt si la solution d'un tunnel, d'une longueur de 6,5km et
profond de 30m, était retenue. Seules les issues de secours seraient
visibles en surface, en plus d'un échangeur avec la D308. Ce qui a fait
réagir Pierre-Emile Renard, président des Amis de la forêt et fidèle
des réunions de proximité. Madame Dumont, présidente fondatrice de
l'Association Ensemble pour l'Environnement à Saint Germain et sa
région dit « attendre le classement de la forêt » mais s'est inquiétée
de connaître le devenir des voitures après Orgeval en précisant que ce
besoin autoroutier de l'A104 ne doit pas faire oublier la coordination
nécessaire des politiques de transports alternatifs.
Michel Calomne, président de l'ARDIES Val-d'Oise, a argumenté
sur la souplesse du mode routier dans une logique de « flux tendus » et
mis en évidence l'attractivité d'une infrastructure autoroutière pour
les entreprises. Il défend le tracé « rouge ».
Yannick Tasset, maire d'Orgeval part du constat des 180 000
véhicules qui arrivent aujourd'hui aux portes de sa ville et bien qu'il
s'associe aux interrogations des Saint-Germanois, il souhaiterait
qu'ils s'interrogent sur la problématique d'Orgeval. Pour lui, « le
tracé « rouge » sera le plus difficile à réaliser », compte tenu des
procédures qui ne manqueraient pas de s'engager pour contrarier sa
réalisation. Après avoir rappelé qu'en l'état aucun des tracés n'est
acceptable, il s'est dit « tenté d'apprécier « le bleu » puisqu'il «
verrait volontiers un barreau passer en souterrain et continuer jusque
plus loin qu'Orgeval ». Cette opposition ferme au « rouge » et ce pas
vers un tracé orienté sur la base du « bleu » a créé la surprise.
Denis Faist, premier adjoint à Andrésy, a développé une comparaison
systématique entre les impacts du tracé « bleu » et du « rouge ». Le
tracé « rouge » est le moins protégé, constate t'il, et cela est dû au
nombre le plus important de pentes élevées (diapositives) explique-t'il.
A ceux qui défendent que « le rouge » est la meilleure solution pour
délester la N184 et le trafic local, il oppose les chiffres du dossier
du maître d'ouvrage qui en cumulant les trois types de trafic,
positionne le tracé « bleu » comme le plus efficace pour délester le
trafic local. De plus il n'impacte que 15000 personnes, chiffre
minimal, dans le cadre du fuseau sud-est. Pour ce qui est de la
desserte des zones d'activités, il se prononce pour les Yvelines et
constate que la plateforme multimodale d'Achères est en rive-gauche,
ainsi que les extensions prévues de PSA et Gefco prévues entre Poissy
et Achères. Il demande : « pourquoi dans ce cas continue-t-on de
dire que c'est le « rouge » qui dessert le mieux les zones économiques,
alors qu'elles sont de l'autre côté de la Seine ? ». Quant aux délais
de réalisation il rappelle, que « tous les tracés du fuseau sud-est ont
une échelle de réalisation comparable, à l'exception du « noir » qui
impose des travaux en maintien de la circulation ». Il affirme enfin
que le tracé « rouge » présenté comme l'un des moins coûteux, cesserait
sans doute de l'être si l'on ajoutait toutes les réalisations
nécessaires à la protection des riverains.
Dans une salle attentive il s'interroge : « comment rechercher un
consensus ensemble ?, plutôt que de dire « moi je vous impose le
rouge, moi je vous impose le bleu ».
Emmanuel Lamy s'est félicité dans sa conclusion de « la démocratie qui
a pu s'exprimer à Saint-Germain ». Il a noté les questions pertinentes
soulevées par Denis Faist, qui mériteraient des réponses, selon lui, de
la part du maître d'ouvrage. Avant de conclure « que les Saint-
Germanois ne prendront pas des vessies pour des lanternes » et qu'ils
savent que ce projet bleu s'il venait à être décidé, « ne serait jamais
enfoui dans sa totalité ». Réunion de proximité de Poissy, le 2 mai
Poissy : la position du maire, favorable au "rouge", ne fait pas l'unanimité
La réunion de Poissy était déjà au centre de nombre de discussions
depuis l'ouverture du débat public, le 08 mars à Pontoise. Tous étaient
au rendez-vous, les Pisciacais, les élus de la Poissy et ceux des
villes voisines, les associations de quartiers, la presse etc. Salle
comble le 02 mai, pour cette seizième réunion de proximité du débat
public Francilienne. Comme le spécifie le nom du projet soumis au
débat, c'est à Poissy-Orgeval que l'ensemble des tracés, proposés dans
le dossier du maître d'ouvrage, converge. Les problématiques locales
sont donc nombreuses et les six cents personnes rassemblées dans la
salle Blanche de castille étaient là pour en témoigner.
Jean Bergougnoux a fait part des impressions qui se dégagent,
après un mois d'écoute et de dialogue, autour des préoccupations
locales : « l'idée de faire une combinatoire sur des morceaux de
tracés, voire d'imaginer des bouts de solutions innovantes pour
contourner certaines difficultés, émerge petit à petit » a précisé le président de la Commission en début de séance.
Jacques Masdeu-Arus, député-maire de Poissy, voit dans ce
prolongement : « l'opportunité d'un véritable contournement de la ville
». S'appuyant sur la projection d'un film, il a démontré la gêne que
constitue la densité du trafic en centre-ville pour les usagers et
riverains. Afin de pallier « l'inaccessibilité de Poissy », Il s'est
dit favorable au prolongement et s'est prononcé pour le tracé « rouge »
(N1, C1, S1) dans son intégralité. A l'exception des représentants des
entreprises et des élus locaux qui défendent ce tracé au nom du
développement économique et du désengagement de la voirie urbaine, les
Pisciacais présents dans la salle, se sont exprimés haut et fort contre
la position défendue par le maire, au nom de la défense de leur cadre
de vie et de leur environnement. La parole a été largement donnée à la
salle et plusieurs associations de quartiers dont l'île de Migneaux, la
Coudraie ou encore les Hauts de Poissy sont venues s'exprimer à la
Tribune. Le président a clos la séance vers une heure trente du matin
après avoir écouté une vingtaine d'interventions.
Point sur le débat
Jean Bergougnoux, président de la CPDP
a indiqué dans son introduction que des tendances se dessinent à
l'issue des 15 premières réunions de proximité. Pour commencer « 40
ans, ça suffit » : à l'unanimité, une décision est attendue, quelle
qu'elle soit. Ensuite, il est apparu que c'est bien de l'opportunité du
prolongement dont il s'agit dans ce débat et non du bouclage de la
Francilienne. L'objectif n'est pas le contournement de la région
parisienne mais la recherche d'une solution qui permettrait de résoudre
des problèmes essentiellement régionaux et locaux dont certains ont été
identifiés plus précisément lors des réunions publiques dites de
proximité. Enfin, l'évolution du débat invite aujourd'hui à sortir
d'une logique de confrontation des tracés de différentes couleurs
soumis au débat. La recherche d'une solution acceptable passe, sans
doute, par une combinatoire à partir de tronçons de ces tracés, voire
de nouveaux tronçons innovants permettant de mieux traiter certains
problèmes qui apparaissent, après débat, insuffisamment pris en compte
dans le dossier initial du maître d'ouvrage.
La position municipale : oui au tracé "rouge"
Jacques Masdeu-Arus, député-maire de Poissy,
réaffirme dès l'ouverture de la réunion la position de la municipalité,
favorable au tracé « rouge ». Chahuté par la salle, il n'en continu pas
moins à plaider que l'A104 est indispensable pour le centre-ville de
Poissy, engorgé par la circulation automobile. Images vidéo à l'appui,
il démontre que « les Pisciacais sont pris chaque jour dans la nasse !
». Poissy est un « carrefour naturel » pour les 30 000 véhicules qui
passent au quotidien au niveau de la Collégiale dont 20 000 qui
viennent de Conflans, Maisons-Laffitte ou Achères, 40 000 par jour sur
le pont de Poissy. Outre la pollution et le bruit générés par ces
embouteillages, le maire explique que «l' inaccessibilité de Poissy »
est un frein au développement économique de la région. Or, ce critère
reste primordial pour le maire de Poissy qui explique qu'une «
entreprise s'implante là où les conditions lui sont les plus favorables
».
Jacques Masdeu-Arus pense qu'une unanimité sur la
nécessité du prolongement se dessine aujourd'hui, tout en précisant : «
bien-sûr, pas dans cette salle » (vives réactions d'une partie du
public). Il constate qu'aucun autre tracé mieux que le « rouge », ne
permettrait le contournement de Poissy pour la circulation de transit.
Il affirme comprendre les craintes des riverains concernés par ce tracé
tout en estimant qu' « un viaduc tunnel n'apportera pas plus de gêne
sonore que les mesures de bruit aujourd'hui constatées ».
Opposition venue de la salle
Jacqueline Fleury, Pisciacaise,
qui avait manifesté une opposition remarquée pendant l'allocution de
Monsieur le Maire, exprime une opinion totalement contraire : « faire
passer une autoroute dans la ville serait une catastrophe ! » et non,
une solution puisque cela accentuerait la pollution. Elle demande donc
au maître d'ouvrage de démontrer que l'A104 permettrait, réellement, de
diminuer la circulation dans Poissy.
Précisions sur les analyse de trafic par le maître d'ouvrage
Eric Debarle, chargé de mission A104,
a donc exposé les analyses de trafic qui justifient, pour la DREIF, de
l'opportunité du projet dont l'un des objectifs vise à délester la
voirie locale. Il donne les principaux chiffres qui illustrent une
augmentation d'une vingtaine de pour cents, sur l'ensemble des
tronçons, entre 1995 et 2005. Il précise que le trafic de la RD30 a
augmenté de 40% en 15 ans, passant de 8 000 véhicules à 11 000. Il
ajoute que pour l'intérieur de Poissy, le boulevard Robespierre et
l'avenue Maréchal Foch, c'est une augmentation de 10 % à 15 % qui est
prévue. Le maître d'ouvrage, pour répondre à la question de madame
Fleury explique qu'aujourd'hui, le voitures venant du nord sont
obligées de traverser Poissy et St Germain, avec la Francilienne ils
pourraient accéder aux échangeurs situés au nord de la ville sans avoir
à la traverser, cela soulagerait donc le trafic intra muros.
Victor Blot, fondateur du COPRA,
s'opposant à la vision développée par Jacques Masdeu-Arus, affirme
qu'il ne faut pas considérer la Francilienne comme le contournement de
Poissy. Il invite « au bon sens » pour trouver un tracé dans le fuseau
sud-est qui toucherait le moins possible les populations tout en
mettant en œuvre des protections maximales pour les riverains. Il
conclut « qu'il est absolument nécessaire, à travers la CPDP, de
trouver un compromis acceptable car, pour les riverains, plus
l'espérance est grande, plus la déception risque d'être violente ».
Monique Levasseur, présidente du COPRA Poissy,
commence par saluer l'initiative de ce débat avant de s'interroger sur
la neutralité d'un dossier qui, selon elle, présente le tracé « rouge »
comme « le plus performant ». Elle prévient que « ce projet détruira la
santé, l'environnement et la qualité de vie de toute une population »
et une fois commencé ce sera trop tard, précise t'elle. Elle a
développé un argumentaire très détaillé en 5 parties : les conséquences
du projet pour Poissy, les problèmes techniques, les implications de
problèmes plus généraux, les remarques quant à l'opportunité du projet
actuel et les propositions du COPRA qui avance la conduite de deux
sujets en parallèle. (Cf. Interventions des participants pour plus
d'information). Pour conclure, elle invite à une prise de conscience
globale sur la façon de concilier économie et qualité de vie pour
permettre un développement harmonieux et durable.
Eric Debarle, répond sur l'eau à madame Levasseur. Concernant le PPRI, Elisabeth Vanini, équipe projet A104,
présente à ses côtés à la tribune, a accompagné le plan de prévention
des risques d'inondation de la ville, la DREIF est donc bien au courant
du dossier. L'ensemble des études effectuées sont consultables sur le
CDRom des annexes, ajoute t'il. Pour le captage de l'eau potable, c'est
bien parce que le problème est connu qu'un viaduc pour le
franchissement de la Seine a été envisagé dans la mesure où le passage
du « vert » et « du rouge » en tunnel était impossible.
A une
dame qui faisait remarquer que le tracé « rouge » avait été cité une
cinquantaine de fois dans le dossier du maître d'ouvrage, Jean Bergougnoux, président de la CPDP
répond qu'il est maintenant temps de « sortir de la logique des
couleurs ». Il faut essayer de combiner des tronçons des différents
tracés, et d'imaginer d'autres solutions en certains endroits, car
comme le « suggère monsieur Tancerman, le débat public offre la
possibilité de dégager quelque chose de nouveau». Si les Valdoisiens
semblent être plutôt favorables au tronçon N1, ils laissent aux
Yvelinois le soin de s'exprimer sur la partie qui les concerne.
Pourquoi ne pas étudier des solutions innovantes qui permettraient de
contourner les difficultés et de dégager un consensus ? propose Jean
Bergougnoux. Par ailleurs, il rappelle que le temps de réalisation des
tracés, équivalent sauf pour le « noir » qui serait un peu plus long à
mettre en oeuvre, n'apparaît plus comme un élément décisif dans la
décision finale.
Pierre-Emile Renard, président des Amis de la forêt et représentant du Comité Profile,
favorable au tracé « rouge », s'est opposé au du tracé « noir »
qualifié « doublement de tracé de la honte parce qu'il traverse la
ville sans protection et la forêt sans protection ».
Emmanuel Lamy, maire de Saint-Germain-en-Laye, favorable
au tracé « rouge », est venu défendre lui aussi la forêt de
Saint-Germain, « notre bien commun » qui serait massacrée par deux des
tracés, le « noir » et le « bleu » dont il dit qu'il est irréalisable.
Il reconnaît que la vraie difficulté du dossier sera de choisir entre
les inconvénients et que la pire des situations serait que « l'Etat
décide de ne pas décider ». « Que deviendrait notre réseau routier si
rien ne se passait ? » a t'il questionné.
Eddie Aït, conseiller régional PRG,
a dénoncé la désinformation pratiquée par la municipalité quant aux
dangers du prolongement de l'autoroute. Il dénonce le projet « avec
force et vigueur » et indique que la Région a choisi de favoriser les
transports en commun, le transport de fluvial de marchandises et le
fret ferroviaire et ne participerait pas au financement de ce projet,
s'il était décidé d'y donner suite.
Un habitant des Hauts de Poissy manifeste son opposition à une autre autoroute qui viendrait s'ajouter à l'A14, en passant à proximité des habitations.
Tout
comme s'opposent aux tracés « rouge » et « vert » les habitants de
l'île de Migneaux qui est « menacée de destruction » selon l'expression
de Jean-Louis Tancerman, président du SPIM. De leurs côté,
Grégoire et Sébastien Lanza, habitants de l'île de Migneaux sont venus
contester le résultat des études sur la pollution et le trafic
présentés dans le dossier du maître d'ouvrage. Ils défendent ardemment
leur cadre de vie exceptionnel. Le maître d'ouvrage reconnaît que les
réunions de proximité du débat public ont permis de « toucher du doigt
» l'attachement des populations à leur patrimoine, comme cela a été le
cas partout et, notamment, à Herblay et à Carrières-sous-Poissy.
Mohamed Ragoubi, habitant du quartier de la Coudraie,
est venu témoigner de la dégradation de la qualité de vie des habitants
de son quartier, zone aujourd'hui laissée à l'abandon et qui serait,
demain, sacrifiée au profit du projet de la Francilienne.
Hugues Ribault, maire d'Andrésy, est venu défendre
l'idée d'un tracé dans le fuseau sud-est inspiré du « bleu » qui
éviterait au maximum les zones urbanisées et permettrait le
contournement de Poissy.
Pour conclure, Jacques Masdeu-Arus, maire de Poissy, a appelé de ses vœux « un courage politique fort qui permettra au pays d'avancer ».Réunion de proximité d'Orgeval, le 28 avril
Orgeval : le projet soumis au débat est jugé "incohérent" !
Les Orgevalais étaient nombreux, malgré le week-end du premier mai, à
répondre présent à l'appel du débat public. Quelque trois cent
personnes mobilisées ont, par la voix de différents intervenants,
majoritairement dénoncé l'incohérence à leurs yeux, de l'arrivée de
l'ensemble des tracés sur Orgeval pour déboucher ensuite sur une A13
déjà surchargée. Yannick Tasset, maire d'Orgeval a insisté sur
l'impossibilité de retenir aujourd'hui le tracé « rouge », dit «
historique » éliminé par quinze années d'opposition. Position que ne
partage pas Emmanuel Lamy, maire de Saint-Germain-en-Laye qui a, au
contraire, annoncé que les tenants du «rouge » progressaient en nombre,
avec une nouvelle délibération en faveur de ce tracé prise par le
Syndicat Intercommunal des Forêts.
Au cours de la soirée, les arguments échangés ont porté majoritairement
sur le cadre de vie. De « simples citoyens » ainsi que des membres
d'associations locales, ont fait part de leur inquiétude quant aux
nuisances supplémentaires qui viendraient s'ajouter à celles de
l'actuel échangeur. En réponse à ces préoccupations, le maître
d'ouvrage a fourni un certain nombre de précisions techniques,
concernant les éléments de protection des riverains contre les
différentes nuisances que risquerait d'apporter ce projet
autoroutier.
Plusieurs intervenants dont le maire d'Orgeval, ont souligné la
nécessité de mettre en œuvre une politique globale des transports qui
saurait concilier les impératifs économiques de desserte des zones
d'activités avec « la sauvegarde de l'environnement, que se soient les
hommes ou que se soient les arbres » a précisé Yannick Tasset.
L'impérieuse nécessité d'améliorer les transports en commun, dans cette
partie des Yvelines, est revenue de façon récurrente parmi les
nombreuses interventions à partir de la salle comme à la tribune.
Peu avant minuit, Yannick Tasset a salué dans sa conclusion, la qualité
des arguments échangés et l'écoute attentive de chacune des parties
prenantes, malgré les enjeux forts de part et d'autre, ce qui l'a
conduit à appeler de ses vœux « une solution qui satisfasse tout le
monde ».
Orgeval, à l'arrivée des 5 tracés
Orgeval est concerné par les cinq tracés du maître d'ouvrage. Tous
débouchent in fine sur l'échangeur de Poissy-Orgeval, à la croisée de
l'A13, l'A14, la D153 et de la N184. Yannick Tasset, le maire
d'Orgeval, met en garde : « Ne pas faire du village un embouteillage
monumental ».
Pour le maire d'Orgeval, ce projet incohérent
Suite à la présentation des objectifs assignés au prolongement de la
Francilienne (répondre aux nouveaux déplacements locaux, desservir et
relier les zones d'activités, accueillir trafic de transit et
d'échange, améliorer la sécurité routière), le maire de la commune
dénonce une gestion incohérente de ces objectifs, la convergence de
tous les tracés envisagés sur Orgeval en étant manifestement la
conséquence la plus absurde. Selon lui, l'A13 ne serait pas capable
d'absorber les 125 000 véhicules apportés par la Francilienne. Il
regrette qu'un bouclage ne soit pas à l'ordre du jour car le projet de
tronçon, soumis au débat, va « intensifier les nuisances sonores et la
pollution » et constituerait «une atteinte irrémédiable à
l'environnement » pour sa commune. Il pointe également l'attitude de
l'Etat qui, depuis près de 40 ans que le projet existe - alors que la
plaine était exempte de toute construction - a laissé se développer
l'urbanisation le long du tracé « rouge ». Ce qui aujourd'hui rend
improbable, selon lui, le choix par l'Etat d'un tracé devenu symbole
d'une forte opposition et clairement situé en contradiction avec la
charte de l'Environnement et avec le statut « d'écorégion » de
l'Ile-de-France, ce choix s'enliserait dans des luttes juridiques «
pour les vingt ans à venir ».
« Il serait plus simple de demander aux gens de monter dans un RER » :
Yannick Tasset ne cache pas sa préférence pour une politique
développement des transports en commun et non pour la poursuite d'un
projet autoroutier « qui pour 2 milliards d'euros, raccourcit de 15
minutes le trajet de Cergy-Pontoise à Versailles ». Il considère que
le budget alloué à la Francilienne confisquerait des ressources
financières qui pourraient être utilement affectées au développement
des modes alternatifs pour le transport des marchandises comme le
ferroutage et le fluvial.
Enfin, le premier magistrat de la ville explique que les Orgevalais
refusent de choisir l'un des tracés par rapport à l'autre car ce qui
leur importe surtout ce soir, c'est de dénoncer les incohérences du
projet.
Bertrand Pasquier, représentant des Verts IDF dénonce la
politique du « tout routier » prônée selon lui par le maître d'ouvrage.
Les Verts IDF sont opposés à la réalisation de toute nouvelle
infrastructure autoroutière dans la région. Ils sont favorables à une
politique volontariste pour les transports en commun, le développement
du ferroutage et l'amélioration du transport fluvial pour les
marchandises. Il s'agit pour eux de « répondre aux enjeux de demain
au-delà de la simple question des cinq tracés ». Selon de nombreux
spécialistes, le « peak oil », point maximum d'extraction pétrolière
mondiale est prévu entre 2015 et 2020 : c'est à partir de ce moment
que la production mondiale de pétrole va diminuer. « Donc, avant même
que cette autoroute ne voit le jour, elle pourrait devenir complètement
obsolète » affirme Bertrand Pasquier, si l'on s'en tient au calendrier
prévisionnel de réalisation du maître d'ouvrage. De plus, les
engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto nous engagent à
une division par quatre du total de nos émissions de gaz à effet de
serre pour 2050.
Il convient donc, pour les Verts, de « réorienter nos choix de société
» en réduisant de manière drastique la circulation routière et en
développant les infrastructures de transport collectif. Il faudrait
également investir dans les modes de circulation douce (à pied, en
vélo) en commençant, par exemple, par aménager des espaces de
stationnement dans les gares et lieux publics pour les vélos. Dans la
zone, « plus de la moitié des déplacements se font sur moins de 4km »
justifie Bertrand Pasquier en invitant à prendre exemple sur l'Europe
du Nord.
Eric Debarle, répond sur quelques points précis concernant le développement des modes de transport alternatifs.
A propos du fret fluvial, il confirme qu'il est appelé à se développer
avec la mise à grand gabarit de la Seine (canal Seine-Nord) et la
plate-forme multimodale d'Achères. Quant au ferroutage, il suppose,
pour être une solution pertinente, une distance minimale de parcours de
l'ordre de 650 km. Or, 80% des transports routiers intéressant la zone
d'étude s'effectuent sur une distance inférieure à 150km. Le ferroutage
n'est une alternative crédible ni pour le trafic interne à la zone (2
600 poids lourds par jour à l'horizon 2020), ni pour les trafics
d'échange (3 700 poids lourds), alors que le trafic total prévisible
serait de l'ordre de 8 000 poids lourds, à ce même horizon, selon les
prévisions de la DREIF).
Répondant au représentant des Verts, Eric Debarle, affirme la
conviction que ce projet ne doit pas être considéré comme s'inscrivant
dans une « politique du tout routier ». Le prolongement de la
Francilienne est, de son point de vue, une opération de « rattrapage »
visant à créer un chaînon manquant. Il rappelle que la stratégie de
l'Equipement est aujourd'hui, en matière routière, de réaménager
l'existant plutôt que de réaliser de nouvelles infrastructures et que
les efforts se portent majoritairement sur les transports en commun et
plus généralement les alternatives à la route. Eric Debarle défend ses hypothèses de trafic
qui sont calées sur les trafics actuels à partir de comptages et
d'enquêtes sur les habitudes de déplacements, puis extrapolées sur la
base des projets de développement des villes et des agglomérations..
Les résultats sont donc crédibles à ses yeux.
Un habitant l'interpelle : « Avez-vous analysé toutes les
solutions alternatives : l'A14 gratuite, la Carte orange gratuite... »
Jean Bergougnoux signale à cette occasion l'opposition qu'il a
constatée au cours de toutes les réunions de proximité précédentes au
principe d'un péage, qui réduirait l'efficacité de l'infrastructure.
Un habitant fait remarquer que le morcellement des projets fait oublier
le projet global, en opérant un parallèle avec le doublement de la D30.
Un autre évoque un projet concernant la D154. Il dénonce « un choix
technique au service de l'économie, au détriment du cadre de vie ».
Sur la saturation de l'A13, Eric Debarle considère que
l'ensemble A13-A14 dispose encore de réserves de capacité, surtout si
on le compare à d'autres axes similaires en Ile-de-France, et serait en
mesure d'absorber, dans des conditions convenables, ce qui ne signifie
pas évidemment qu'il n'y aurait jamais de congestions, les 260 000
véhicules prévus à l'horizon 2020. Un Orgevalais suggère qu'il vaudrait mieux prioritairement élargir l'A13, avant d'envisager le projet de prolongement de la Francilienne.
Emmanuel Lamy, maire de Saint-Germain-en-Laye, réaffirme sa
position en faveur du tracé « rouge », lequel délesterait sa commune
d'un « bouclage de fait de la Francilienne », via la N184 qui débouche
sur Saint-Germain-en-Laye. S'il se dit favorable au développement de la
Grande ceinture ferroviaire à l'ouest, il ne croît guère les pouvoirs
publics enclins à considérer cette partie de l'Ile-de-France comme
prioritaire. Il estime que la croissance de la population dans la
région est souhaitable pour son essor économique et que les
déplacements ne peuvent qu'augmenter dans l'avenir, alors que « notre
réseau routier est sous-développé ».
Pierre-Emile Renard, pour les Amis de la forêt, souligne la
nécessité de retenir une solution qui préserve la forêt de
Saint-Germain qui constitue, un patrimoine irremplaçable pour toute la
région.
Jean Pruvost, président du COPRA d'Orgeval, met en garde contre
les risques attachés à l'extension au-delà du raisonnable de
l'échangeur d'Orgeval : « 4 fois Rocquencourt, 55 hectares, le plus
grand échangeur d'Europe ». C'est tout le tissu local traditionnel qui
serait mis en péril et le trafic local serait embourbé dans les
embouteillages. Bien que le COPRA ne conteste pas la nécessité du
bouclage, il refuse le projet tel qu'il est présenté. Les nuisances sonores
constituent également à ses yeux un problème majeur. Alors que l'OMS
préconise 30 décibels pour un repos optimum la nuit, le dossier du
maître d'ouvrage fixe à 60 dB, le jour, et 50 dB, la nuit, les limites
acceptables. Eric Debarle précisera que les recommandations de
l'OMS valent pour l'intérieur d'une maison, tandis que les valeurs du
dossier correspondent à des mesures effectuées au niveau des façades
des habitations.
L'Association de protection des sites orgevalais souligne que ce
projet pourrait avoir des conséquences sanitaires très graves pour les
riverains en raison de l'accroissement de la pollution atmosphérique
qu'il entraînerait. Dans le même esprit, une élue orgevalaise souligne
que les sportifs et les enfants, en raison de leurs besoins
respiratoires intenses, sont beaucoup plus menacés par ces phénomènes
de pollution que la moyenne de la population. Le passage potentiel de
l'A104 à proximité d'installations sportives et scolaires, la préoccupe
donc au plus haut point.
Jean-Pierre Dejou, président du COPRA, s'inquiète : « Quand va
t-on prendre en compte la partie scientifique par rapport à la partie
politique ? » et « autrement dit, dans ce débat, quel est le poids des
données scientifiques par rapport aux a priori politiques » ?.
Jean Bergougnoux, président de la Commission, intervient. « Les
réunions de proximité ont permis de rassembler une très grande variété
de matériaux, certains sont quantifiables, d'autres sont du vécu, c'est
absolument indispensable » précise-t'il. La partie scientifique sera
approfondie dans les réunions thématiques « qui sont préparées, d'ores
et déjà dans un certain nombre d'ateliers techniques mais vous n'êtes
pas sans le savoir puisque vous y participez, Monsieur Dejou ».
Répondant à ceux qui suggèrent que la mise en tunnel de cette nouvelle
infrastructure pourrait permettre, par exemple, de rejoindre des
infrastructures existantes ou à développer en passant sous la commune
de Chambourcy ; Eric Debarle explique que la construction d'un tunnel
n'est pas possible partout et qu'au-delà d'une pente de 5%, les risques
deviennent trop grands en cas d'incendie.
Victor Blot en appelle, comme à Conflans-Sainte-Honorine, à une « solution raisonnée » qui épargnerait le plus possible les riverains.
Yannick Tasset, maire de la commune, après avoir salué le
déroulement civique et constructif du débat, reprend la conclusion de
monsieur Dejou en appelant à une étude de « la réalité scientifique »
des tracés. Il rappelle qu'Orgeval refuse de se prononcer sur « le
tracé d'un projet sans avenir » et espère qu'une solution intelligente
et satisfaisante pour tous sera trouvée, « sans esbroufe ».
Réunion de proximité de Conflans-Sainte-Honorine, le 27 avril
Conflans-Sainte-Honorine : pas de tracé en zone urbanisée
La réunion organisée au théâtre Simone-Signoret a mobilisé les
Conflanais : 600 personnes étaient venues s’informer et s’exprimer sur
l’opportunité du prolongement de la Francilienne. C’est dans une
ambiance plutôt tendue, avec des questions mettant en doute
l’indépendance de la Commission et l’objectivité du dossier du maître
d’ouvrage, que cette quatorzième réunion de proximité a tout d’abord
commencée, alors même que Philippe Esnol, maire de la commune
avait tenu à saluer dans son propos introductif « L’objectivité avec
laquelle le président s’attache à animer l’ensemble de ces débats ».
Ces interrogations amèneront Jean Bergougnoux, président de la CPDP,
à revenir longuement sur le rôle, l’indépendance et la neutralité de la
Commission dans l’organisation de ce débat. Une large place a été
donnée aux échanges avec la salle et les habitants, historiquement
attachés à la voie fluviale, ont souligné l’impérieux besoin
d’améliorer les transports en commun. Opinion relayée par la plupart
des intervenants à la tribune, avec une mise en exergue du transport
fluvial présentée par Catherine Candelier, Vice-présidente du port autonome de Paris. A noter, l’ouverture de Philippe Esnol, maire de Conflans-Sainte-Honorine
qui, dans le souci de préserver les zones urbanisées, a évoqué une
alternative qui consisterait à « imaginer un tunnel sous les villes,
sous le fleuve… ». Victor Blot a, quant à lui, souligné la
volonté du COPRA de sortir d’une situation de blocage en réclamant un
tracé le moins urbanisé possible, dans le cadre du fuseau sud-est, et
une réalisation qui préserve au maximum les riverains, autant de «
victimes potentielles ». Philippe Esnol, a estimé qu’aucun
tracé en zone urbanisée n'était acceptable et a regretté que l’arrivée
de l’ensemble des tracés proposés à Orgeval, puis sur l’A13, ne permet
pas de parler d'un réel bouclage de la Francilienne. Pour lui, la
problématique est plus largement régionale et appelle une meilleure
politique d’aménagement du territoire à l’échelle nationale.
Le maître d’ouvrage s’est attaché quant à lui à démontrer
l’utilité du prolongement de la Francilienne, même limité à Orgeval. Il
a notamment souligné les effets positifs que pourrait avoir ce projet
sur la voirie locale, en particulier sur la N184. Il répondrait aux
besoins de déplacement futurs des habitants, en complément des
solutions de transports non routières. Une nécessité éprouvée aussi par
les chefs d’entreprises.
Jean Bergougnoux a rappelé en introduction les trois mots clés
de la Commission qu’il préside : « informer, écouter, rendre compte »
puis a détaillé les moyens d’information et d’expression mis à la
disposition du public avec notamment, la diffusion des premiers cahiers
d’acteurs et le succès que rencontre le site Internet. Alain Méchineau, membre de la Commission
propose de répondre en séance à un habitant de la commune qui a posté
une question sur Internet. « Pourquoi l’Etat imposerait aux habitants
une solution qu’ils rejettent ?, Comment au XXIè l’Etat peut-il
toujours agir ainsi ? » Jean Bergougnoux, rappelle que les décisions de
l’Etat sont prises au nom de l’intérêt général et que dans ce cas
précis, toute décision, y compris celle de ne pas faire, suppose des
arbitrages entre des préoccupations parfois divergentes. Bien-sûr, la
décision finale appartient au Ministre mais il la prendra « en tenant
compte des avis qui ont été exprimés pour l’ajuster au mieux de
l’intérêt général ». Si les projets antérieurs ont été suspendus, les
emprises sont toujours réservées, explique le président, après «
quarante ans d’atermoiements », il est temps de se prononcer ; une
décision sera rendue à l’automne. En réponse à quelques intervenants
dubitatifs dans la salle, le président a assuré qu’aucun choix de tracé
n’a encore été arrêté, prenant à témoins les élus présents qui ne
feraient pas le déplacement s’ils pensaient « ce débat bidon ». Après
avoir rappelé la confiance acquise dans les réunions précédentes par la
Commission qui, « par son honnêteté et son impartialité », a démontré
que rien n’était joué d’avance, le président recentre le débat en
donnant la parole à Monsieur le Maire.
Philippe Esnol, maire de Conflans-Sainte-Honorine, met
l’accent sur la sensibilité à la problématique environnementale des
Conflanais qui subissent d'ores et déjà de nombreuses nuisances. Il
cite les différentes sources de nuisances contre lesquels élus et
associations se sont mobilisés : dans le passé, contre la station
d’épuration du SIAP Seine Aval, aujourd’hui, contre les nuisances
aériennes et le trafic de la N184 qui coupe Conflans en deux et génère
un bruit permanent accablant. A cela, s’ajoute la pollution qui devient
de plus en plus inquiétante, selon Philippe Esnol, au vu des affections
infantiles. Il réclame un vrai bouclage de la Francilienne et non pas
un simple prolongement jusqu’à Orgeval, car à ses yeux, déboucher sur
l’A13 est « une plaisanterie » compte-tenu de l’engorgement actuel de
l’autoroute, aux heures de pointe. Il relève « la proposition du
président de l’Automobile Club qui serait de creuser un tunnel qui
commencerait au-delà d’Eragny et passerait complètement en dessous de
toutes les communes puis en sous-fluvial, etc ». « C’est un élément
très nouveau » souligne-t’il mais immédiatement, il lui oppose
l'impécuniosité de l’Etat dont il doute qu'il serait capable d'assumer
de telles réalisations. Il demande donc de chercher une alternative
située en zone moins urbanisée, avec une préférence pour un tracé
nord-ouest qui n’irait pas jusqu’à Gargenville mais délesterait le pont
des Mureaux. Il en appelle à un bouclage de la tangentielle ouest, une
voie ferroviaire réduite à « un gadget », aujourd’hui, dans la mesure
où elle s’étend sur une courte distance, de Saint-Germain à
Noisy-le-Roy.
Henri Tambutte, président du COPRA local, rappelle que depuis
l’ouverture du débat les salles sont archicombles ce qui signifie, pour
lui, l’hostilité des populations aux tracés en zone urbanisée. Il
entend « réclamer partout une remise en cause de la politique des
transports à l’échelle nationale avec l’introduction d’une grande
mixité des moyens, fluvial, ferroutage, bus, RER, Tramways, etc. »
Philippe Houbart, habitant de Conflans, porte-parole du CAPUI,
se place sur le terrain de l’environnement et s’oppose à tout tracé en
zone urbanisée. Il prône un classement de « notre belle vallée de la
Seine » de Conflans à Maisons-Laffitte, à l’instar du Vexin ou de la
plaine de Versailles. Il dénonce le risque que ferait peser le chantier
du tracé « bleu » sur la station d’épuration Seine-aval, classé Seveso
2, sur la nappe phréatique à Pierrelaye.
Laurent Lantoine, habitant du quartier des Buttes Blanches
(Herblay) et donc « autant Conflanais qu’Herblaysien » met en garde
contre « la zizanie » que souhaiteraient semer, élus et chefs
d’entreprises entre « villes voisines ». Habitué des réunions, il
considère, calculs à l’appui, que « la Francilienne ne règlera pas les
problèmes liés à la saturation du trafic sur le RN 184 » « l’A104 ne
ferait que freiner la tendance générale, mais ne l’inverserait pas ».
Il réclame une réelle politique de décentralisation pour remédier à la
densité de population et de congestion du trafic. Pour ces raisons, il
pense que la preuve de l’opportunité du projet n’est pas faite. Il
préfèrerait voir se développer des projets de transports en commun. Se
référant à la précédente réunion d’Eragny, il évoque l’unanimité des
habitants pour l’interdiction des poids lourds dans le centre-ville.
Eric Debarle, chargé de mission A104 à la Direction
régionale de l’Equipement, explique que les hypothèses de population et
d'emploi retenu dans les études sur le projet de prolongement de la
Francilienne, ne font que retranscrire les projets de développement et
d’urbanisme des villes et agglomérations. Les augmentations prévues de
la population et des emplois entraînent de nouveaux besoins de
déplacements, auxquels le prolongement pourrait apporter une réponse.
D'ores et déjà, la N184 est saturée et le trafic se reporte fréquemment
sur les voies de contournement (avenue Carnot, pont de Conflans, D30
sud) et dans la voirie urbaine. « Si rien n’est fait, la situation va
encore se détériorer » : +45% dans la traversée de Conflans ; +20% à
Achères à l’horizon 2020. Dans ce contexte, le prolongement de la
Francilienne apparaît selon lui comme "une infrastructure de
rattrapage" qui répondrait prioritairement aux futurs besoins de
circulation des 700 000 habitants de la zone. Il souligne en outre le
gain de temps qui pourrait être réalisé par les automobilistes grâce à
ce prolongement, même s'il est limité à Orgeval.: par exemple, la durée
du trajet entre Cergy et Saint-Quentin pourrait être réduite de quelque
25 minutes.
Monsieur Manguy, élu Conflanais, regrette que la discussion ne
sorte pas du « tout routier » et avance qu’à peine l’autoroute mise en
service, elle serait déjà engorgée.
Opposé au projet il observe qu’ « On ne circule déjà plus en région
parisienne ». C’est pourquoi, il souhaite le développement des modes de
transports alternatifs : Tangentielle ouest, RER et rocade ferrée, sont
des solutions faciles à mettre en œuvre qui utiliseraient des voies
déjà existantes : « deux fois moins chères » que la Francilienne.
Les Verts IDF sont opposés au projet de la Francilienne «
quelqu’en soit le tracé » précise Franck Barraud. Il défend leur
objectif prioritaire qui vise une diminution drastique de la
circulation routière qui représente un tiers des émissions de gaz à
effet de serre. Et appelle à réorienter « nos choix de société » dans
le respect de l’environnement et de la population. Le ferré et le
fluvial constituent, pour lui, des alternatives plus écologiques.
Catherine Candelier, conseillère régionale Verts IDF et vice-présidente du port autonome de Paris,
rappelle la valeur historique que représente la batellerie à Conflans
et l’opportunité que représente le fluvial pour les marchandises. Elle
souligne l’impact que pourrait avoir le développement du fluvial sur
les emplois locaux. En somme, « Aménager de façon prioritaire les
fleuves de notre région, c’est leur redonner la place qu’ils ont perdue
» Un principe en accord avec le projet de construction d’une
plate-forme multimodale à Achères. Selon la conseillère régionale, il
faut « abandonner complètement le projet de Francilienne et investir
dans des projets alternatifs comme celui du Canal Seine Nord ».
Une habitante, mère de famille, fait part de l’appréhension des
« parents » d’enfants scolarisés à l’école Paul-Bert, menacée par les
tracés proposés. « Ne pensez pas en gestionnaires mais en personnes
responsables » demande t’elle.
Une préoccupation que partage Joël Tissier, adjoint au maire de Maurecourt,
qui dans le cadre d’une présentation très documentée, souligne les
risques sanitaires liés au trafic automobile. Il cite les chiffres de 6
500 à 9 000 morts par an qui seraient liés à la pollution automobile.
Il regrette que les impacts sanitaires ne soient pas suffisamment
explicités dans le dossier de la DREIF.
Hugues Ribault, maire d’Andrésy affirme que si le tracé «
rouge » était choisi, la multitude de batailles juridiques qu’il
soulèverait empêcherait la réalisation du projet. Il explique enfin que
ce n’est pas le tracé « bleu » indiqué dans le dossier qu’il veut
défendre, « mais un tracé autour de la base « du bleu » qui ne lui
semble pas avoir été étudié suffisamment sérieusement dans le dossier »
et de préciser que cela a souvent été au cours de la soirée.
Victor Blot, fondateur du COPRA et Conflanais depuis quatre
générations fait un pas en avant vers la recherche d’une solution
alternative : « il faut trouver une solution dans le fuseau sud-est et
retenir un tracé qui touche le moins possible les populations ». Il
invite certains élus et amis à mettre « leur orgueil dans leur poche »
et à faire preuve d’un « esprit de responsabilité » pour sortir de «
l’imbroglio ». Victor Blot insiste sur l’absolue nécessité de protéger
les riverains par des aménagements qui rendent l’autoroute « inaudible,
inodore et invisible ».
Philippe Esnol, maire de la ville, conclut cette réunion,
vers 1h du matin. Il doute, bien que maire de Conflans, que le fluvial
puisse se substituer massivement à la route et l’autoroute. Si pour lui
le bouclage reste donc indispensable, persister dans un tracé urbain
serait « une très grave erreur ». Il convient donc de rechercher des
solutions alternatives, même si elles nécessitent quelques concessions.
Il penche personnellement pour une solution « plus à l’ouest » qui ne
déboucherait pas sur l’A13. Enfin, il remet en cause la politique de la
Région consistant à densifier les zones déjà urbanisées : « une
aberration » à ses yeux. Faisant remarquer qu’à quelques encablures de
l’IDF, des zones peu peuplées pourraient, utilement se développer dans
le cadre d'une meilleure politique d'aménagement du territoire.
Réunion de proximité du 26 avril, à Méry-sur-Oise
Méry-sur-Oise concernée par les quatre tracés du fuseau sud-est
La réunion de proximité du 26 avril n'a guère rassemblé que 80
personnes dans le Parc du Château de Méry-sur-Oise, bien que la commune
soit concernée par quatre des cinq tracés soumis au débat. Sans
contester l'opportunité d'un prolongement de la Francilienne, Jean-Pierre Pernot, maire de la commune,
regrette que ce projet n'offre guère d'alternative à sa commune et «
refuse de céder à ce qui s'apparente à un diktat » d'autant que « sa
population subit déjà les nuisances liées au trafic de la N184 et
l'A115 ». Ne souhaitant, toutefois, pas rester en dehors du débat, il a
établi un cahier des charges visant à la mise en place d'actions et
d'engagements impliquant l'Etat, la Région et le Département pour «
l'équilibre de notre territoire et le bien-être des Mérysiens ». Il
rappelle sa position : « éviter les zones urbanisées et protéger les
espaces naturels ». Le maître d'ouvrage a, quant à lui, exposé
les différentes études qui justifient à ses yeux ce projet. Il a
souligné qu'au plan local, la réalisation d'une nouvelle infrastructure
permettrait de désengorger, à la fois, la N184 et la voirie communale.
Il a également précisé les mesures de protection phonique qui
permettraient d'en minimiser les nuisances. Après un certain nombre
d'échanges portant notamment sur les problèmes de qualité de l'air et
les conditions d'expropriation, le président de la Commission lève la
séance peu avant 23h00.
La position municipale
« Méry est l'exutoire de quatre des cinq tracés proposés » constate Jean-Pierre Pernot, maire de Méry-sur-Oise.
Il engage cependant l'assistance à ne pas oublier que ce projet « dans
les cartons depuis 30 ans » ne doit pas, cette fois, laisser les
intérêts particuliers l'emporter sur l'intérêt général.
En préalable, le maire tient à souligner les « nuisances considérables
» que subissent d'ores et déjà les habitants de sa commune à cause d'un
échangeur, « mal implanté », reliant la N184 et l'A115. Il constate
ensuite que, si l'un de ces tracés du fuseau sud-est était adopté Méry
resterait en tout état de cause un point de passage obligé vers le
Vexin tandis que les usagers de la Francilienne venant s'ajouter au
trafic local, risqueraient de transformer, de fait, les voies
communales en voies de contournement. L'équilibre de la commune en
serait donc bouleversé. D'autre part les trois tracés « bleu, vert et
rouge » traverseraient la plaine de Pierrelaye, classée en tant que
coulée verte au schéma directeur de l'Ile-de-France. Dans ces
conditions, la municipalité ne peut qu'être défavorable aux tracés du
fuseau sud-est.
Vu de Méry, le tracé « violet » présenterait certes des avantages : il
ne surchargerait pas la commune et répondrait aux besoins de desserte
du Vexin. Mais force est de constater que « ce tracé est mort né ! » et
n'offre donc pas d'alternative crédible aux Mérysiens. Il convient donc
de regarder les choses en face : « Nous devons nous prémunir des
désagréments » liés au projet et « fixer un cahier des charges pour
l'équilibre de notre territoire et le bien-être des Mérysiens ». Dans
cette perspective, Jean-Pierre Pernot réclame notamment le traitement
de la N184 et de ses « goulots d'étranglement » et surtout,
l'interdiction pour les poids lourds de traverser les zones urbanisées
de sa commune.
Le maire invite d'autre part l'Etat, la Région et le Département à
mettre en œuvre « une véritable politique de transport, notamment pour
les marchandises » et appelle à une collaboration européenne afin que
les modes ferroviaire et fluvial soient pleinement efficaces. Sans
cela, la mise en service d'une autoroute ne serait qu'un « placebo ».
Eric Debarle, Chef de mission A104, précise que le projet de
prolongement de la Francilienne, dans le fuseau sud-est, constituerait
une réponse au besoin de décongestion des routes locales et assurerait
la desserte des zones d'activités, en plus de relier les pôles
régionaux (Cergy-Orgeval). Tels sont les objectifs assignés à l'A104.
Le représentant du maître d'ouvrage explique qu'aujourd'hui le projet
A104, relève plus du « rattrapage » que d'une politique du « tout
routier », abandonnée depuis plusieurs années par les décideurs. Il
indique que, si des projets de transports en commun et de marchandises
empruntant le rail ou les voies d'eau sont en cours (Tangentielle
ouest, canal Seine-Nord, autoroute ferroviaire), ils ne permettraient
pas, à eux seuls, de répondre à l'accroissement des besoins de
déplacements prévus à l'horizon 2020.
Plusieurs habitants, à partir de la salle, témoignent de leur
volonté quasi-militante d'utiliser prioritairement les transports en
commun, tout en pointant les insuffisances actuelles de ces réseaux. Le représentant des Verts, Philippe de Smet,
confirme : « on sous-estime notre capacité d'adaptation et notre
capacité à changer nos habitudes ». Ce dernier affirme la nécessité de
réduire de manière drastique les émissions de gaz à effet de serre,
conformément aux engagements internationaux de la France ( Kyoto) et de
la Région, qui s'est proclamée « éco-région » et consacre 80% de son
budget transport au collectif.
Questionné sur les nuisances, le maître d'ouvrage affirme sa
conviction que, nonobstant l'accroissement prévisible du trafic
routier, la qualité de l'air devrait s'améliorer d'ici 2020, puisque
90% du parc automobile sera renouvelé par des véhicules répondant, a
minima, aux normes d'émission actuellement en vigueur pour les
véhicules neufs. Concernant le bruit, il assure que des mesures de
bruit seront prises en amont et en aval d'une éventuelle réalisation de
l'autoroute, afin de garantir le respect des engagements pris vis-à-vis
des populations. Par rapport à l'avant-projet sommaire figurant dans
son dossier, des protections phoniques supplémentaires pourront être
réalisées autant que de besoin.
Jean Bergougnoux, président de la commission particulière du
débat public, a rappelé au public le calendrier des réunions
thématiques, qui permettront d'approfondir les différents aspects du
projet et invite les participants à cette réunion de proximité, à y
prendre part.
Peu avant 23h, le maire de Méry-sur-Oise conclut en
réaffirmant la position de sa ville « qui est celle d'éviter les zones
urbanisées et les espaces naturels ». Il a également rappelé le besoin
de délester les routes locales et attend « des actes forts de la part
de l'Etat, visant à diversifier les modes de transports ».
Réunion de proximité du 24 avril à Eragny-sur-Oise
Une priorité : réduire le trafic sur la RN184 pour pouvoir la requalifier en boulevard urbain
La seconde réunion de proximité organisée à Eragny, lundi 24 avril, a
fait salle comble. 370 participants dont une majorité d'habitants, très
concernés par le projet de prolongement de la Francilienne, se sont
réunis au gymnase de la Cavée. Lors de la séance du 5 avril, les
contraintes du lieu n'avaient pas permis d'accueillir l'ensemble du
public désireux de prendre part au débat, incident désormais réparé et
cela a été salué à plusieurs reprises lors de la soirée.
Dominique Gillot, maire d'Eragny rappelle en introduction que la
saturation de la RN184 et les circulations anarchiques qui en résultent
dans la ville sont un souci majeur pour tous les Eragniens qui
réclament la requalification de cette nationale en boulevard urbain,
afin de la rendre au trafic local et de la sécuriser pour les piétons,
les cyclistes et les automobilistes. Observant que sa commune est la
seule à être concernée par « trois des propositions formulées à ce
jour...par la DREIF pour le prolongement de la Francilienne », elle
demande au maître d'ouvrage d'être extrêmement précis tant dans la
description des solutions techniques qu'il envisage pour la réalisation
de ces tracés que dans l'évaluation de leur capacité à répondre aux
préoccupations des Eragniens. En réponse à cette demande, complétée par
de nombreuses interventions de la salle, le maître d'ouvrage a
donc présenté en détail ses projections de trafic sur la RN184 et
indiqué les réductions de ce trafic qui pourraient résulter de la
réalisation des différentes options envisagées pour le prolongement de
la Francilienne. Les caractéristiques des différents tracés ont été
discutées au regard des objectifs des Eragniens : trouver une solution
à la saturation de la nationale, sans pour autant sacrifier leur cadre
de vie. Par ailleurs, la question d'une possible combinaison entre les
différents tracés, voire de l'opportunité de solutions radicalement
nouvelles, est apparue à plusieurs reprises.
"Eragny déjà sinistrée"
Dominique Gillot, maire d'Eragny, s'est félicitée qu'une seconde
réunion soit organisée sur sa commune. En effet, « les Eragniens sont
tous concernés » car trois des tracés du fuseau sud-est : « rouge », «
vert » et « noir » traverseraient la commune. Madame le Maire rappelle
que les habitants supportent aujourd'hui les nuisances liées à la RN184
: « avec 60 000 véhicules par jour », cette nationale « remplit les
fonctions du maillon manquant de l'infrastructure autoroutière ». La
ville est littéralement coupée en deux par la N184 dont le trafic est
saturé. Les automobilistes, qui cherchent à éviter ces encombrements,
empruntent la voirie locale et obstruent, de fait, la circulation des
habitants et des transports collectifs ce qui paralyse les échanges
entre quartiers. « Eragny est déjà sinistrée, nous n'accepterons pas
qu'elle soit sacrifiée », affirme Dominique Gillot en précisant que
quelques aménagements ponctuels ne seront pas suffisants. L'ensemble
des élus du Conseil municipal, venus s'exprimer à la tribune, ont tous
réitéré l'impérieux besoin de requalifier la nationale en boulevard
urbain afin de l'interdire aux poids lourds et de la rendre praticable
aux piétons et aux cyclistes avec des entrées de ville aménagées et des
carrefours sécurisés.
Dominique Gillot demande des précisions au maître d'ouvrage
Dominique Gillot indique qu'il s'agit, au cours de cette réunion
publique, de déterminer « ce qui doit impérativement être refusé d'une
part, et ce qui peut être collectivement accepté ». Pour ce faire, elle
demande au maître d'ouvrage d'exposer tout d'abord, les projections de
trafic prévues à l'horizon 2020, dans l'hypothèse où rien ne se ferait,
et l'impact qu'aurait la réalisation de l'A104 dans le cadre d'un tracé
sud-est, sur la circulation de la N184. Elle propose ensuite à l'équipe
projet A104, par souci de clarté vis-à-vis des Eragniens, de rappeler
les caractéristiques des tracés « rouge », « bleu » et « noir » et
d'expliquer précisément leurs conditions techniques de réalisation,
notamment entre tranchées couvertes et tunnels. La question des délais
de réalisation entre « le rouge » et « le noir » a aussi été posée. Et,
dans le cas du « noir », quels aménagements seraient possibles par
rapport aux équipements de la ville et comment seraient maintenu les
liaisons transversales. Elle souhaite aussi des précisions sur les
moyens de traitement des gaz émis par les automobiles à l'entrée et à
la sortie des infrastructures choisies.
Fort de ce « cahier des charges » dressé par Dominique Gillot, d'une réunion voulue didactique et technique, Jean Bergougnoux, président de la Commission
indique qu'il souhaite qu'au-delà des réponses qu'apportera le maître
d'ouvrage, « un dialogue se noue » car tel est bien l'objet du débat
public. Après avoir rappelé les trois mots clé de la Commission qu'il
préside (informer, écouter, rendre compte) et donné quelques
informations chiffrées sur la participation des habitants au débat, il
donne la parole à la salle.
Une question de la salle sur « le devenir des emprises réservées
» dans le cas de l'abandon du projet par le ministre, à l'issue du
débat amène une réponse claire du président qui s'engage à «
recommander formellement ...de rendre d'urgence les emprises si le
prolongement n'est pas décidé ».
Précisions sur le trafic
Eric Debarle, chef de mission A104, met en évidence
l'accroissement du trafic sur la N184. De 35 000 par jour en 1990, il
est passé à 45 000 véhicules par jour en 2000, à hauteur de la rue de
la Marne pour se stabiliser depuis. Le trafic autour de la zone
d'activités des Bellevues atteint quant à lui 60 000 véhicules par
jour. Dans le même temps, la vitesse a chutée (de 50km/h à 30km/h) et
la D984 ainsi que le boulevard des Aviateurs-Alliés sont devenu des
itinéraires alternatifs, dans le but d'éviter les bouchons qui se
forment aux heures de pointe. A l'horizon 2020, si le
prolongement de la Francilienne n'est pas réalisé, la saturation de la
N184 va encore s'aggraver. Par exemple, la circulation au sud des
Bellevues augmenterait de 45%. Le maître d'ouvrage souligne par
ailleurs que la quasi-totalité de ce trafic « est lié à la vie du
territoire » et que la circulation de transit représente une part peu
importante du trafic (3%).
Un habitant d'Eragny, M. Jeuffrault, considère, à partir
d'observations qu'il a menées sur la N184, qu'un réglage différent des
feux tricolores pourrait améliorer la circulation. Eric Debarle
indique, pour sa part, que la priorité est donnée à la régulation du
trafic sur la N184 et précise que 50% « de temps de vert » est donné à
la 184 pour fluidifier la circulation. L'étude en cours avec la
communauté d'agglomération et la commune montre que des gains
pourraient être obtenus en réaménageant certains carrefours mais dans
l'attente d'une décision concernant l'A104, il n'est pas possible
d'apporter plus d'améliorations. A la fin de ces interventions, toutes
portées sur la congestion de la circulation à Eragny, madame Gillot
indique, à partir de la salle, que la paralysie des bus qui en résulte
dissuade les habitants d'utiliser les transports en commun.
Tunnels et tranchées couvertes
Roland Gros, premier adjoint de la ville s'étonne de ce que le maître
d'ouvrage ait prévu un tunnel pour la forêt de Saint-Germain alors qu'à
Eragny, zone très urbanisée, ce sont seulement des portions de
tranchées couvertes qui sont envisagées. Eric Debarle présente alors
quelques exemples illustrant les possibilités d'intégration des
tranchées couvertes dans un paysage urbain. Il indique qu'une tranchée
couverte résout les problèmes de bruit aussi bien qu'un tunnel. Roland
Gros se prononce pour l'aménagement en boulevard urbain de la N184, que
complèterait une déviation en souterrain qui contournerait Eragny. "Ne rien faire consisterait à entériner le prolongement de la Francilienne par Eragny" conclut-il.
Le capitaine Azambourg, SDIS d'Eragny, apporte des précisions
chiffrées au débat en indiquant que 30% des interventions de sa caserne
s'effectuent sur la N184. 50% d'entre elles sont des accidents
corporels et 60% font suite à des accidents sur les carrefours.
Yannick Maurice, adjointe au maire d'Eragny, interroge le maître
d'ouvrage sur les chiffres du trafic poids lourds traversant la commune
et la mise œuvre de solutions alternatives de transport pour les
marchandises. Eric Debarle, explique que les du développement
prévu des populations et des emplois. S'agissant des besoins de
transport de fret, il souligne que l'Ile-de-France consomme 7% de ce
qu'elle produit, mais qu'elle doit « importer » massivement des
marchandises diverses. Interdire les poids lourds sur la N184 suppose
impérativement une solution alternative de circulation pour les
camions, que pourrait constituer le prolongement de la Francilienne.
Jean Bergougnoux précise que l'étude en cours sur les
améliorations à apporter à la N184 « sans ouvrage radicalement nouveau
» sera consultable sur le site Internet et conclut, avant la
présentation des différents tracés par le maître d'ouvrage, que « sans
infrastructures nouvelles on n'arrivera jamais à requalifier la N184 en
boulevard urbain ».
Sur la question du péage, Eric Debarle rappelle le principe
selon lequel, pour imposer un droit de passage aux usagers, il faut
qu'ils puissent emprunter un itinéraire alternatif gratuit. En dehors
du péage, la construction d'une autoroute peut se financer à travers un
partenariat public/privé ou sur le budget de l'Etat.
Pierrette Borgne, élue Eragnienne, demande si les hypothèses du maître d'ouvrage intègrent l'augmentation du prix du pétrole ? Eric Debarle précise
que, selon des études, une augmentation de 50% de l'essence
n'entraînerait qu'une baisse de 4% du trafic, à fonctionnement égal de
l'économie française. Pour l'ajointe au maire, « les aménagements sur
la N184 constituent une nécessité à court terme tandis que la
Francilienne est un projet à long terme ».
Jean-Michel Boichot, président du COPRA d'Eragny, a affirmé
sa conviction que « les problèmes de circulation perdureront tant que
des élus mégalo continueront à bétonner leur ville »(NDLR Cergy et
Poissy). Si la Francilienne est simplement prolongée entre Méry et
Orgeval, c'est sur une A13 déjà saturée qu'elle débouchera. Il refuse
le chantage à l'emploi et dénonce l'augmentation des nuisances sonores
dans plusieurs quartiers d'Eragny. La pollution représente, à ses yeux,
un danger majeur. Il souligne aussi la volonté des populations de
bénéficier « de transports en commun fiables, fréquents et adaptés ». |